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Contribution du Collectif Handicap 54 au débat intitulé

« L’accompagnement et le financement du soutien à l’autonomie : quelle vision de la solidarité ? ».

 

Introduction

Après l’interpellation du Collectif Handicap 54 sur les questions soulevées par le débat concernant le financement du soutien à l’autonomie, de nombreuses contributions écrites et orales ont permis la rédaction d’une synthèse qui représente un large consensus des associations membres. Vous trouverez ci-dessous l’essentiel des idées exprimées.

 

  • Dans un objectif de respect de l’usager, comme mobiliser le mieux possible ses capacités, aptitudes et compétences ? 

 

La priorité est d’inscrire la recherche d’accession maximale à l’autonomie de la personne handicapée dans les projets de vie, dans les projets de services et établissements, dans les projets associatifs et les schémas départementaux.

Il paraît également important de poursuivre le développement des outils de mise en situation, d’apprentissage, de formation et d’évaluation de l’autonomie. L’évaluation des besoins de l’usager par le guide GEVA ne paraît pas adaptée à certains types de pathologies.

Le Collectif suggère de développer des lieux de vie résidentiels et des services d’accompagnement visant à l’apprentissage de l’autonomie.

La Meurthe-et-Moselle pourrait se doter d’outils de réponse à l’urgence, au répit… afin qu’une situation d’échec ne puisse être qu’un incident de parcours et non l’arrêt d’une dynamique générale de vie.

  1. Dans un objectif de solidarité locale et de développement social, comme mobiliser l’environnement de l’usager ?

Le collectif se demande comment on pourrait solliciter encore plus les aidants familiaux qui sont, somme toute, assez peu nombreux à se faire reconnaître en tant que tels, et qui sont payés moins chers que des prestataires tout en assurant 24 heures sur 24. Le Collectif propose plutôt la mise en place d’aides aux aidants, la valorisation et la professionnalisation de ces derniers, la reconnaissance de leur aide.

Par ailleurs, le collectif rappelle que développer un recours plus important aux aidants familiaux semble contradictoire avec la notion d’autonomie. En effet, l’épanouissement personnel passe souvent par le détachement de la personne avec sa famille.

Le Collectif propose de mobiliser un ensemble de ressources, appelée habituellement des compétences représentant un ensemble de connaissances, de savoir-faire et comportements, structurées et repérées géographiquement pour permettre à la personne handicapée de vivre son autonomie.

Le Collectif comporte en lui-même l’idée de mutualisation et de complémentarité pour autant que les associations le veuillent et le puissent. Il cherche à développer un diagnostic territorial qui ancre le projet de la personne handicapée dans son lieu de vie.

Le Collectif propose aussi au conseil général une approche de l’hébergement, donc du domicile, au plus près du droit commun…

Le Collectif est également porteur de propositions comme la création des GEM, l’intermédiation locative, colocation intergénérationnelle, qui ont des coûts de revient moindres et qui en même temps développe l’autonomie des personnes handicapées.

  1. Dans un objectif de solidarité nationale, comment garantir le financement du soutien à l’autonomie ? Selon vous, l’utilisation du CESU peut-elle rendre plus efficace l’accompagnement des personnes âgées et des personnes handicapées, tout en garantissant le maintien des valeurs défendues en Meurthe-et-Moselle ?

Le Collectif ne cautionnera pas l’utilisation du CESU si les différents tarifs jusque-là pratiqués (de gré à gré, mandataire, prestataires) sont nivelés par le bas. Il réaffirme la nécessité d’une formation, d’un encadrement et d’un niveau de rémunération suffisant pour garantir une qualité de service dans l’accomplissement des actes de la vie quotidienne.

Par ailleurs, favoriser le recours aux prestataires permet d’éviter des situations de dépendance et de maltraitance qu’impliquent parfois les relations complexes entre l’intervenant et le bénéficiaire. En effet, le recours au gré à gré place les personnes utilisatrices dans une position d’employeur, mais aussi de dépendance où les relations d’amitiés ou d’affect sont très présentes.

Par conséquent, le Collectif pose les questions suivantes : Quelle valeur faciale aura le CESU ? Comment le Conseil Général déterminera le montant du CESU de chaque individu puisque à ce jour aucun des prestataires autorisés ne dispose du même tarif ?

Pour éviter les indus, le Collectif propose plutôt un paiement direct du Conseil Général au prestataire choisi par la personne en situation de handicap.

La question du financement du soutien à l’autonomie doit s’intégrer dans la question nationale sur la dépendance et l’autonomie, et leurs financements. Toutefois, les associations membres du collectif combattront la marchandisation du social, synonyme de recul en matière de réponse aux besoins des personnes.

 

Conclusion

Le Collectif Handicap 54 rappelle son attachement à la notion de solidarité nationale, issue de 1946 (conseil national de la résistance), soucieux de cohésion et d’égalité de droit pour chacun.

Les membres du Collectif sont unanimes pour signifier au Conseil général qu’en tant qu’associations leur seule légitimité est de faire respecter la loi du 11 février 2005.

C’est pourquoi les membres du collectif n’ont pas voulu aborder la situation budgétaire du département : ils considèrent que c’est une responsabilité qui incombe aux politiques, et en particulier à l’assemblée départementale.

Cependant, ils souhaitent rappeler au Conseil Général que sa mission principale, héritée de la décentralisation, est l’action sociale et ils demandent qu’elle reste une priorité départementale.

Les associations continueront ainsi d’opérer une vigilance sur l’effective mise en œuvre de la compensation des situations de handicap et veilleront à sa cohérence avec les acteurs de la prise en charge.