Face aux difficultés rencontrées dans le secteur social et médico-social au plan des ressources humaines, et alors que le secteur est traversé par des transformations importantes, le Premier Ministre a missionné en novembre dernier M. Denis PIVETEAU, conseiller d’État, ancien Directeur de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA), pour esquisser les perspectives nécessaires à ces métiers, en lien avec les aspirations des personnes accompagnées.

M. Denis PIVETEAU a remis au Gouvernement son rapport intitulé « Experts, acteurs, ensemble… pour une société qui change » que vous trouverez ci-dessous, accompagné de ses annexes.

Conformément à sa lettre de mission reproduite en annexe, ce rapport n’a pas pour objet d’apporter des réponses immédiates. Il tente de resituer l’action à conduire dans une perspective plus structurelle, gage de solutions durables.

Par ailleurs, même entendu dans cette perspective structurelle, ce rapport n’a pas non plus pour objet de traiter globalement tous les aspects de la « revalorisation » des métiers du travail social (= l’aspect pécuniaire est totalement éludé).

Conformément, là encore, à sa lettre de mission, il explore seulement le lien entre cette revalorisation et le « changement de paradigme » qu’est la reconnaissance des droits (et savoirs propres) des personnes accompagnées.

Les conclusions de cette réflexion seront partagées avec les acteurs de la solidarité, les Conseils départementaux et les partenaires sociaux lors de la Conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social qui s’est tenue vendredi 18 février 2022, présidée par M. Jean CASTEX

Conclusion du rapport : la valorisation des métiers du travail social, levier d’une démarche d’innovation sociale.

Le lien très fort entre « autodétermination des personnes » et « valorisation des métiers » n’a donc, on l’a compris, rien d’une pétition de principe.

C’est une conséquence nécessaire – et une composante majeure – de toute volonté d’agir en profondeur sur la société pour qu’y trouvent une place pleinement citoyenne des personnes qui, sinon, resteraient à ses marges.

Cette action en profondeur de la société sur elle-même, c’est tout simplement de l’innovation sociale.

Laquelle doit se décliner sur plusieurs volets, qu’on ne peut ici qu’évoquer :

  • Le levier, d’abord, de l’urbanisme et du cadre de vie quotidienne, car l’organisation de lieux de vie, de travail, de transports et de services publics et privés ouverts à tous est la charpente de l’ensemble, sans laquelle rien ne peut tenir.
  • Le levier, ensuite, des droits et prestations individuels. Au coeur de ce sujet, bien sûr, la vision à porter sur le déploiement de la cinquième branche de sécurité sociale. Loin d’être strictement liée à la couverture
  • d’un besoin identifié, elle se propose de permettre à chacun, face à la perte ou à la baisse de ses capacités, de rester capable de choisir sa vie.
  • Le levier, encore, de l’éducation et de la culture. Et par ces deux entrées, du regard porté (et des discours tenus) sur ce qu’on peut appeler les fragilités ou les vulnérabilités.
  • Et enfin, sujet précis de ce rapport, le levier de « ressources humaines », c’est-à-dire l’engagement de femmes et d’hommes qui décident de mettre leur vie professionnelle au service de cette innovation sociale.

C’est un tel élan d’ensemble qu’on doit souhaiter comme cadre à la revalorisation des métiers du travail social et de l’intervention sociale.

En ce sens, la question du « pouvoir d’agir » des personnes accompagnées, qui porte cet élan et le justifie, est beaucoup plus qu’un simple changement de paradigme dans les modalités de l’accompagnement social.

C’est, prise au sérieux, une affirmation fondamentale – politique – d’un certain projet de société, d’une certaine idée du rapport à l’autre.


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