Emploi et Handicap : Bilan de l’année 2018.

Handicap et emploi : les contrats pérennes en hausse dans le privé.

Plus de 84 000 personnes ont accédé à un emploi en 2018, dans le cadre de l’accompagnement de l’organisme spécialisé Cap emploi. Les CDI et la création d’activité sont en hausse, contrairement aux contrats dans le secteur public. Bilan !

Plus de 84 000 personnes handicapées ont signé un contrat de travail ou se sont insérées dans l’emploi en créant une entreprise en 2018 dans le cadre d’un accompagnement par Cap emploi, a annoncé le 23 mai 2019 l’organisme spécialisé, qui se félicite d’une « pérennisation des emplois« . L’insertion a plus particulièrement augmenté dans le secteur privé, selon le baromètre d’activité annuel de Cap emploi. Ce réseau national d’organismes de placement spécialisé pour personnes handicapées et employeurs dispose de 98 agences sur l’ensemble du territoire et accompagne près de 180 000 personnes.

Hausse des créations d’entreprise

Plus de 16 000 contrats à durée indéterminée ont été signés en 2018, soit une hausse de 2,3% en un an. A contrario, le baromètre note une baisse du nombre de contrats dans le secteur public en lien avec l’arrêt des contrats aidés en 2018. Tous « contrats confondus« , la situation stagne (+0,2%). L’organisme a également enregistré son taux le plus important de créations d’activités, avec une hausse de 16,8 % par rapport à 2017. « La création d’entreprise peut être une niche pour les personnes handicapées, cela leur permet de créer leur emploi sur-mesure et d’être accompagnées« , explique Marlène Cappelle, déléguée générale chez Cap Emploi.

Approche compétences

Les difficultés d’insertion professionnelle des personnes handicapées restent essentiellement liées à leur niveau de formation, équivalent en moyenne à un « niveau CAP ou BEP« . Pour Cap emploi, le « levier » privilégié est celui d’une « approche compétences« , notamment via le développement des « Périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) » qui favorisent la « rencontre » avec les employeurs, ou encore les contrats « Parcours emploi compétences« , des CDD ayant pour objectif une « montée en compétence des personnes« . Sur les plus de 13 000 PMSMP effectuées en 2018, 20 % ont abouti à la signature d’un contrat.

Rapprochement avec Pôle emploi

Une expérimentation est par ailleurs menée dans quatre agences Pôle emploi du département du Rhône, depuis octobre 2018, où ont été déployés des conseillers Cap emploi. Un rapprochement entre les deux organismes est prévu par le gouvernement pour mettre en place une offre de services commune à tous les chômeurs et un lieu unique d’accueil. Cap emploi pourrait apporter son « expertise » pour la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), « l’information sur les obligations d’emploi » des entreprises et les « aides et mesures spécifiques » dont peuvent bénéficier les demandeurs d’emplois handicapés, estime Mme Cappelle.

Fonction publique : pas assez de place pour le handicap ?

5,61 % au lieu de 6 % imposés par la loi. Pas assez de personnes handicapées dans la fonction publique ? Une commission du Sénat tire la sonnette d’alarme et formule 28 propositions pour sauver un système « à bout de souffle ».

La fonction publique doit redoubler d’efforts pour employer des personnes handicapées, notamment en repensant les modalités de certains concours et en instaurant un système de bonus/malus financier pour les employeurs publics, a proposé le 22 mai 2019 une commission sénatoriale. La proportion de personnes handicapées dans la fonction publique a certes augmenté ces dernières années – elle est passée de 3,74% à 5,61% entre 2006 et 2008 -, mais reste en-deçà de l’objectif des 6% fixé par la loi. » Le système a atteint ses limites, il est à bout de souffle et il faut le réformer« , a résumé lors d’un point presse le président de la commission des lois, Philippe Bas (LR).

28 propositions

Des trois fonctions publiques, seul le versant territorial atteint l’objectif des 6%, avec 6,76% de travailleurs handicapés, contre 5,67% dans la fonction publique hospitalière et 4,65% parmi les fonctionnaires d’Etat. L’Education nationale (3,62%) et les services du Premier ministre (3,38%) figurent parmi les plus mauvais élèves en la matière. Pour les rapporteurs Catherine Di Folco (LR) et Didier Marie (PS), qui formulent 28 propositions, l’Etat doit se donner deux ans pour passer au-dessus de la barre des 6%. Pour cela, il doit notamment « veiller à l’accessibilité des sujets de concours, et pas seulement à leurs conditions d’organisation« . Par exemple, la rédaction d’une note de synthèse est un exercice difficile d’accès pour une personne malvoyante, même aidée par un dispositif de synthèse vocale, expliquent les auteurs du rapport. La fonction publique doit aussi recourir d’avantage aux titularisations « ad hoc » de contractuels, ou d’apprentis, sans passer par la voie des concours, suggèrent les rapporteurs.

Situation critique pour le FIPHFP

Les deux sénateurs s’inquiètent par ailleurs de la situation financière du FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique). Ce fonds créé en 2006, et qui aide notamment à l’aménagement des postes de travail adaptés au handicap, est financé par les employeurs publics qui ne respectent pas le quota de 6% de travailleurs handicapés. Or il est victime d’un « effet ciseaux » : ses recettes baissent car les agents en situation de handicap sont de plus en plus nombreux dans la fonction publique mais, dans le même temps, les besoins de financement restent importants car « il faut accompagner la présence au travail des personnes handicapées sur plusieurs années« , a expliqué M. Bas.

Pour pallier ce problème, les rapporteurs préconisent d’expérimenter, dès la prochaine loi de finances, un autre dispositif : une cotisation universelle de 0,1 % de la masse salariale de chaque employeur public, assortie d’un système de bonus/malus valorisant les efforts des plus « vertueux ». Une telle réforme pourrait d’ailleurs être utilement transposée au secteur privé – où existe un fonds équivalent au FIPHFP, géré par l’Agefiph -, a observé M. Bas.

23 mai 2019 • Par L’AFP pour Handicap.fr

Source : https://emploi.handicap.fr/a-handicap-emploi-contrats-perennes-hausse-11898.php

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