En cette rentrée scolaire 2025-2026, un « nombre record » d’enfants en situation de handicap va être accueilli à l’école. Si cette dynamique est encourageante, elle reste loin d’être parfaite. Cette progression quantitative occulte une réalité préoccupante sur le terrain : inadaptation des lieux et contenus pédagogiques, manque d’écoute des familles, refus de scolarisation, manque de formation du personnel éducatif…
Un nombre record d’enfants en situation de handicap feront leur rentrée scolaire le 1er septembre. 520 600 élèves handicapés seront présents dans les établissements scolaires, contre 519 000 l’année précédente. La loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées a transformé les écoles en lieux plus accessibles, mais certains espoirs restent déçus. Le Collectif Handicaps et le Collectif Une seule école déplorent que le droit à la scolarisation pour tous ne soit pas respecté et que l’école inclusive reste un leurre.

En vingt ans, le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés a bondi de 152 000 à 520 600. La Cour des comptes estime que la réussite est indéniable sur le plan quantitatif. Cependant, la plupart de ces enfants étaient déjà scolarisés mais sans être reconnus comme handicapés. La loi de 2005 a élargi la définition du handicap, incluant des troubles cognitifs, psychiques ou du neurodéveloppement.
L’État a multiplié les dispositifs pour accompagner cette dynamique, notamment en embauchant des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Aujourd’hui, 134 000 AESH, majoritairement des femmes employées à temps partiel, épaulent les enfants ayant des besoins éducatifs particuliers. Cependant, ce système atteint ses limites, avec des effets pervers pour les élèves qui deviennent dépendants de la présence de leur AESH.
Le recours à l’aide humaine est devenu le principal moyen d’inclusion scolaire, mais il alarme de nombreux défenseurs de l’école inclusive. Les AESH incarnent une forme de sous-traitance de l’inclusion, selon le Collectif Une seule école. L’Education nationale est accusée d’oublier ses propres devoirs en matière d’adaptation pédagogique.
La loi de 2005 avait ouvert la porte à une politique d’inclusion fondée sur la compensation et l’accessibilité. Cependant, un déséquilibre s’est installé au détriment du volet accessibilité. Les enseignants sont peu formés et se sentent démunis face à la charge de travail supplémentaire dans des classes surchargées.
Des efforts ont été initiés en matière de formation du personnel éducatif, mais le chemin est encore long. Seuls 20% des enseignants affirment avoir reçu une formation sur le sujet. Les familles doivent souvent devenir expertes malgré elles pour scolariser leur enfant, affrontant des démarches complexes et coûteuses.
En institution, les enfants en situation de handicap reçoivent souvent moins de 12 heures d’enseignement par semaine. La situation affecte particulièrement les enfants atteints de polyhandicap, qui présentent d’importantes déficiences cognitives et motrices. Leur scolarité s’achève souvent avant le lycée, où ils sont presque absents des filières générales.
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