Un concert de mauvaises nouvelles
Pour une musique qui semble de plus en plus dissonante. La faute à une poignée d’hommes qui s’arrogent le droit de conduire l’orchestre sans que la partition soit validée ni même consultée. Autant de fuites en avant, de fugues funestes, qui semblent sonner le requiem de la démocratie et de la philosophie des lumières, qui n’auront jamais du reste atteint certains rivages.
Il y a beaucoup d’articles à rattraper en cette rentrée scolaire, aussi, sans vouloir faire dans la demi-mesure, je ne vais pas trop suspendre ma note introductive… Difficile de trouver le « la » (ou du moins un fil conducteur) dans les informations ci-dessous, mais un « pont » apparaît entre le manque de concertation à l’international sous entendu plus haut et celui, plus modeste certes, reproché par le Collectif Handicaps au gouvernement concernant l’expérimentation du nouveau formulaire MDPH.
Contre-temps flagrant entre des décisions quasi unilatérales et la coconstruction / participation des personnes concernées dans les politiques et accompagnements qui les concernent, telles qu’évoquées par ailleurs dans 2 autres infos. Une façon de faire où toutes les voix peuvent s’exprimer, qui impose un tempo forcément plus lent mais au final plus harmonieux sur la durée vraisemblablement.
Les métaphores comme les (belles) mélodies n’entrant pas toujours dans les oreilles, entende qui veut.

Les bonnes mesures. On l’aurait presque oublié, mais l’année 2025 avait pour grande cause nationale la santé mentale. Alors que de plus en plus de personnes se tournent vers l’IA pour confier leurs doutes et angoisses – avec toutes les questions que cela soulève –, l’association OPRA (Observatoire des PRAtiques en santé mentale) lance une enquête à destination des plus de 18 ans, qu’ils soient professionnels, patients ou proches, afin dévaluer leur expérience en matière d’accompagnement à la santé mentale et améliorer les pratiques.
« Passer de l’intention à l’action ».
C’est le sous texte d’une journée dédiée à la participation des personnes accompagnées via leurs « savoirs expérientiels » dans les programmes de formation des professionnels. Enjeux et limites, éthique, conditions de réussite seront autant de thèmes abordés par le Comité Local du Travail Social et du Développement Social – Grand Est et ses partenaires, ce 05 mars à Mulhouse.
Proche de cette thématique, retour sur 4 Webinaires dédiés au bilan d’une recherche – action menée par l’APAJH concernant la participation des personnes accompagnées dans la gouvernance des ESMS, qui a permis d’identifier des leviers d’expérimentation/innovation concrets et les conditions de réussite d’un accompagnement à l’autodétermination basé sur la co-construction avec l’ensemble des parties prenantes.
Davantage qu’un plan Q_uantitatif. Hasard du calendrier (ou pas) : quelques jours après la Saint-Valentin, le Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées publie pour les deux prochaines années un « plan d’actions pour la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap et contre les violences ». En 4 axes stratégiques et 1 engagement pour une mobilisation durable, il vise à répondre aux attentes des familles et institutions via une approche interministérielle et de co-construction avec les personnes concernées.
Femmes des années 2020. Autre « coïncidence » calendaire, quelques jours après la « journée de la femme », les associations À CORPS DE SOI et INTIMAGIR Grand Est organisent une journée de réflexion par, pour les femmes en situation de handicap mais également le grand public. À travers des témoignages, une conférence autour du « cumul des stigmates », des ateliers thématiques sur la santé ou le l’estime de soi entre autres, cet événement aura notamment pour objectif de faire émerger des actions concrètes et d’exp(l)oser les représentations négatives. Une initiative bienvenue notamment pour les jeunes, à l’heure des réseaux « prescriptifs » et du masculinisme qui reste en embuscade quand il n’est pas décomplexé.
Conditions générales de vie. La pauvreté s’inscrit aujourd’hui plus dans une dimension structurelle que conjoncturelle, et les personnes en situation de handicap sont particulièrement exposées. Par ailleurs, la pauvreté ne se limite pas aux (faibles) revenus : elle tient également aux privations matérielles et sociales, comme l’incapacité à faire face à des dépenses imprévues ou encore la situation matrimoniale. L’enquête Statistique sur les ressources et conditions de vie (SRCV), partie française de celle menée dans toute l’Union Européenne, montre que les PSH cumulent les écarts en matière de précarité.
Entre deux tours, mais pas à deux vitesses. Quel que soit leur niveau de protection, les personnes majeures protégées ne peuvent plus se faire retirer leur droit de vote par le juge des tutelles depuis 2019. À l’occasion des municipales, le GEPSo (Groupe National des Établissements Publics Sociaux et Médico-sociaux) organise une visioconférence pour sensibiliser et présenter les dispositifs permettant aux personnes vulnérables d’exercer cet acte citoyen.
Mauvaises formules. Le Collectif Handicaps s’insurge contre l’expérimentation d’un nouveau formulaire de demande à la MDPH, élaboré sans concertation avec les associations et dont il a appris tardivement l’existence. Sa généralisation, prévue dès septembre, ne permettrait par ailleurs pas de réelle évaluation qualitative et pourrait même à terme s’avérer contre-productif. En effet, sous couvert d’une simplification des démarches, se cacherait davantage une « économie de papier » qui, en supprimant de nombreux pans dans l’expression des besoins des usagers, engendrerait notamment de la confusion parmi ces derniers tout comme les professionnels. À travers la voix de son président, le Collectif demande à la nouvelle ministre, arguments à l’appui, l’arrêt immédiat de cette expérimentation. Il regrette par ailleurs que cette nouvelle formule s’inscrive dans un contexte d’automatisation pour ne pas dire de déshumanisation des décisions, à rebours d’une dynamique ambitieuse en faveur des droits des PSH.
Pour le Collectif Handicap 54,
François JACQUES, Edito/Résumés
Vincent HAREL, Veille informationnelle
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