Ce que l’on conçoit bien
S’énonce clairement, selon Nicolas BOILEAU dans l’« Art poétique ». De la poésie, nous en avons plus que jamais besoin dans ce monde confus, où le temps s’accélère, les mauvaises nouvelles s’enchaînent, d’aucuns parlent à tort et à travers. Dans le même texte, l’homme de lettres fait par ailleurs quelques recommandations :
« Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
Pour ce qui est de littérature, on ne saurait remettre en question les conseils avisés du maître. En matière d’universalisme et d’inclusion, l’ouvrage est toujours en cours, on préfère cependant les ajouts aux effacements… Les attentes sont grandes de la part des premiers concernés. Hâte ils attendent, mais avant tout un peu de stabilité et, alors que l’« aller vers » boit l’eau, des projets bien conçus. Vous aurez les références dans les articles ci-dessous, en attendant je mets ma prose en pause…

Capitaine, mon capitaine ! Président du Collectif Handicaps national depuis sa création, Arnaud de Broca a récemment été reconduit à l’unanimité. Une stabilité bienvenue à plus d’un titre, en contre-pied de celle de nos représentants politiques, au moment où la concertation avec la société civile est dangereusement en perte de vitesse, en amont d’échéances cruciales. Accessibilité, inclusion, terres bien en vue ? Loin s’en faut, ce pourquoi les 54 associations nationales représentatives des PSH et leurs familles ne comptent pas se laisser mener en bateau : elles continuerons à donner de la voix tant que leurs droits ne seront pas respectés.
Ainsi fond l’incitation. Nous n’y sommes jamais allés et pourtant on en revient toujours pas… De la suppression soudaine et inattendue des fonds territoriaux d’accessibilité décidée de manière unilatérale par le gouvernement. Seulement 2 ans après leur lancement, sans aucun questionnement réel sur ce taux impressionnant de « non recours » (433 établissements sur 100 000 visés), ni proposition concrète d’alternative. Au final, un « lot de consolation » ridicule de réaffectation : moins d’un pourcent des 300 millions initialement prévus pour financer des solutions de téléphonie adaptées aux personnes sourdes et malentendantes. Un message qui sonne comme un renoncement et incite (!) à remplacer la carotte par le bâton.
Sujet bouillant. Véritable cas d’école des conséquences d’un manque de concertation en amont de la réalisation d’un projet, Nancy Thermal a coché de nombreuses cases en matière d’inaccessibilité aux personnes à mobilité réduite : stationnements insuffisants, revêtements glissants voire dangereux, accessibilité défaillante/parcours chaotiques, équipements absents ou mal adaptés, formation des personnels inaboutie, outils de communication et de réservation défaillants… Certes, certaines parties étant classées, des difficultés étaient à prévoir. Mais rien d’impossible a priori, pour peu que le projet eut adopté une démarche inclusive de coconstruction. Il n’est jamais trop tard, la preuve : une médiation a permis de définir des étapes pour un réel rattrapage et même viser le label « Tourisme et Handicap ». Aux prix d’investissements supplémentaires et de conflits qui auraient pu être évités cependant.
Travail en Cour… On ne le redira jamais assez : la loi de 2005 a été une avancée majeure en définissant le handicap comme résultant au moins en partie de l’environnement et en posant le principe de la compensation des besoins identifiés pour établir une réelle égalité des chances. Ce changement de paradigme doit/devait naturellement s’instiller dans tous les domaines de la vie citoyenne, et notamment l’emploi. Comment les politiques publiques dédiées se sont-elles saisi de ces problématiques, tout en intégrant les mesures des lois travail successives ? C’est l’objet d’un rapport de la Cour des Comptes éclairant, qui souligne les indéniables progrès mais également les limites, manquements sur certains points particuliers. Nous n’irons pas plus loin ici : l’article ci-dessous intègre le rapport complet, sa synthèse, et une synthèse de la synthèse…
La privatisation, à quel prix ? Une proposition de loi transpartisane visant à encadrer le prix des places de parking d’hôpitaux (jusqu’à la gratuité pour les patients et les personnels sur leur temps de travail, pendant deux heures pour les visiteurs ) a été adoptée à l’Assemblée nationale et est actuellement dans l’attente d’une décision du Sénat. Malgré un financement complémentaire pour les établissements qui mettront en œuvre cette pratique, certains hôpitaux craignent un manque à gagner ainsi que des engorgements. Les personnels, les patients et leurs familles seraient quant à eux soulagés de ne pas payer « un prix de malade »…
Pour le Collectif Handicap 54,
François JACQUES, Edito/Résumés
Vincent HAREL, Veille informationnelle
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