Gouvernance associative 2026 : Repenser le pouvoir pour renouveler l’engagement bénévole.

Voici un résumé synthétique du rapport du Haut Conseil à la vie associative (HCVA) intitulé « La gouvernance des associations en 2026 », adopté le 15 janvier 2026.

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Gouvernance associative 2026 : Repenser le pouvoir pour renouveler l’engagement bénévole.

Contexte et Constats

Le rapport part d’un triple constat alarmant pour le secteur associatif :

  1. Déficit de diversité : Les instances dirigeantes sont majoritairement composées d’hommes seniors issus de catégories socio-professionnelles élevées, ne reflétant pas la diversité des territoires et des adhérents (femmes, jeunes, profils variés sous-représentés).
  2. Mutation de l’engagement : Le bénévolat change de nature. Les moins de 35 ans s’engagent davantage mais de manière ponctuelle et projet, tandis que les seniors se désengagent. Les bénévoles souhaitent s’investir mais refusent les cadres trop rigides ou administratifs.
  3. Crise du renouvellement : Il est difficile de trouver des candidats pour les instances dirigeantes (CA, bureau), perçues comme trop lourdes, chronophages et effrayantes en termes de responsabilités.

Axes de Recommandations

Pour répondre à ces défis, le HCVA propose une nouvelle approche articulée autour de trois piliers :

1. Repenser le partage du pouvoir et la représentation

La gouvernance ne doit pas se limiter au modèle traditionnel (Président/Trésorier/Secrétaire). Le rapport encourage la flexibilité offerte par la loi de 1901 :

  • Nouveaux modèles : Expérimenter la co-présidence (pour partager la charge et assurer la parité), la gouvernance collégiale (pas de président unique, décision collective) et l’usage de commissions pour co-construire les décisions en amont.
  • Inclusion : Ouvrir la réflexion aux salariés et bénéficiaires sans toutefois compromettre l’indépendance de l’association vis-à-vis des financeurs.
  • Clarification : Mieux définir les rôles de dirigeants de droit et de fait, et formaliser les délégations de pouvoir pour sécuriser l’action.

2. Donner envie aux bénévoles de prendre des responsabilités

Il faut lever les freins à l’engagement dans la gouvernance :

  • Formation et parcours : Créer des parcours progressifs (tutorat, montée en compétences) et mieux promouvoir les dispositifs existants comme le Certif’Asso (réformé en 2025 pour plus de flexibilité) et le Compte Engagement Citoyen (CEC).
  • Flexibilité : Adapter les horaires de réunion, développer le « télébénévolat » et respecter le temps des bénévoles (délais de réponse des administrations).
  • Soutien financier : Étudier un crédit d’impôt pour les frais engagés par les bénévoles non-imposables et mieux prendre en charge les coûts de fonctionnement démocratique.
  • Congés : Mieux faire connaître et simplifier les congés spécifiques (congés de représentation, d’engagement, de formation).

3. Se doter d’outils juridiques et pratiques adaptés

Les associations doivent s’approprier la liberté statutaire offerte par la loi de 1901 :

  • Statuts sur mesure : Abandonner les modèles types rigides. Les statuts doivent être adaptés à la taille et au projet de l’association (durée des mandats limitée, modes de scrutin, possibilité de co-présidence).
  • Outils participatifs : Utiliser des méthodes d’intelligence collective (world café, ateliers) et des outils numériques pour favoriser la participation du plus grand nombre au-delà des instances formelles.
  • Simplification administrative : Le rapport demande aux pouvoirs publics de généraliser l’usage du « Compte Asso » et de cesser d’exiger des modèles de gouvernance standardisés (comme la présence obligatoire d’un président unique) pour l’octroi de subventions.

Conclusion

Le rapport formule 20 préconisations destinées aux pouvoirs publics et aux associations. Il appelle à une transition culturelle : passer d’une gouvernance de conformité et de gestion de risque à une gouvernance démocratique, inclusive et agile, capable d’attirer les nouvelles générations et de garantir la pérennité du projet associatif. La clé réside dans l’alignement entre les valeurs de l’association et ses modes de fonctionnement internes.


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