Peut-on encore « prendre le temps » ?
À l’occasion du festival de Cannes, et en particulier de la projection du film « Soudain » de Ryusuke Hamaguchi, je prends connaissance du concept d’« humanitude », qui prône les vertus d’un accompagnement bienveillant, fondé sur le respect de la dignité humaine. Ce concept avait d’ailleurs été l’objet d'(au moins) un reportage qui ne pouvait que convaincre des bienfaits de cette approche, que ce soit du point de vue des professionnels que des personnes bénéficiaires.
À l’heure des urgences humanitaires, climatiques, démocratiques etc., ne pas se laisser emporter par l’« accélérationnisme » ambiant semble clairement un acte de résistance en soi, à « contre courant », au sens propre du terme.
Notre société est en effet, comme j’ai récemment pu l’entendre dire à propos du gaz hilarant – qui ne fait plus rire personne – : « taillée pour l’addiction », à la recherche de l’immédiateté d’effets, notamment de la part plus jeunes dont la santé mentale est un sujet particulièrement préoccupant.
À l’opposé, tant de lois, réformes, schémas qui peinent à être appliqués et ne peuvent que générer un sentiment de frustration pour ne pas dire d’indignation. Dans certains cas, plus question de passer à la vitesse supérieure, c’est plutôt le temps des procès qui se profile pour espérer du mieux en matière d’égalité d’accès.
Au tribunal du flagrant délire, chacun voit midi à sa porte, et il y bien des pendules à remettre à l’heure avant de sonner le temps universel…

Citoyens de demain. En octobre dernier, le Conseil Économique Social et Environnemental Grand Est publiait un rapport consacré à la santé mentale des jeunes, qualifiant cette thématique d’enjeu majeur pour l’avenir. Le Conseil Départemental 54 propose un forum qui reviendra sur ses conclusions en les croisant avec la problématique de la citoyenneté.
Citoyennes d’aujourd’hui. Santé mentale toujours, à travers le « Village de la santé mentale » où des professionnels animeront débats et ateliers afin de sensibiliser et renseigner le grand public de manière générale mais également autour d’une thématique spécifique consacrée à la santé mentale des femmes.
Langage universel. La musique et la création artistique sont les outils privilégiés de l’association Art’Sperger, qui agit pour l’inclusion des personnes autistes grâce à des espaces d’expression susceptibles de développer la confiance en soi notamment. Au cœur de leurs actions, le Blue Music Festival et une comédie musicale inclusive portée par la troupe Aurora. Plus d’informations pour la réservation et les dons bienvenus ci-dessous.
- L’association ART’SPERGER fait appel à vous pour soutenir le projet Aurora et le Blue Music Festival
(Exemple) à suivre. Il aura fallu 20 ans, mais le taux d’emploi direct de PSH dans la fonction publique atteint (voire dépasse) les 6 % institués comme un cap à franchir en 2005. Seule la fonction publique d’État « résiste » à cette tendance, mais de peu. C’est ce que nous apprennent les derniers chiffres du FIPHFP, qui a joué son rôle de « catalyseur » grâce a une bonne dynamique d’incitation mais également d’accompagnements et de maintiens dans l’emploi.
Le secteur privé, qui stagne à 4 % de bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (BOETH), gagnerait à s’inspirer de ces bons résultats.
Dynamique engagée, bilan mitigé. L’Agence Régionale de Santé Grand Est se targue être pleinement inscrite sur la période 2024 – 2026 dans l’ambition du programme « 50 000 solutions ». À travers le financement/soutien à des projets portés par des gestionnaires et organismes médico-sociaux, elle cite quelques exemples et annonce 6000 solutions nouvelles sur les 10 départements de la région. Le secteur associatif, fortement mis à contribution, salue l’optimisme et les efforts financiers mais retient que des points d’achoppement persistent, en termes de délais, de répartition, décloisonnement et, point crucial, de personnel qualifié, en pénurie chronique. La transformation culturelle et organisationnelle propice à des changements tangibles pour chaque personne concernée reposera sur un dialogue renforcé entre institutions et opérateurs de terrain.
Quand l’inaccessibilité reste la norme. Après 3 lois (inappliquées) et 2 condamnations internationales, la liberté d’aller et venir reste largement entravée pour les personnes à mobilité réduite, et pas seulement en situation de handicap. Que ce soit dans les transports ou les 900 000 établissements recevant du public (50 % de ceux visés par les Ad’ap), les carences de l’État sont également manifestes pour les personnes âgées, parents avec poussettes, personnes momentanément empêchées etc. Face a cette indifférence collective, APF France handicap lance une action en justice contre 6 préfectures et exige la transmission de documents permettant de confronter les politiques menées sur ces territoires au regard de leurs obligations. Cette initiative, s’accompagne de 3 revendications dont l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire, et est vouée à être reproduite dans plusieurs régions.
Pour le Collectif Handicap 54,
François JACQUES, Edito/Résumés
Vincent HAREL, Veille informationnelle
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