Budget 2027 : le Collectif Handicaps refuse que les personnes handicapées soient « des variables d’ajustement budgétaire »

Alors que les projets de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et de finances (PLF) pour 2027 sont examinés à l’Assemblée nationale en octobre 2026, le Collectif Handicaps — qui fédère 54 associations nationales, dont APF France handicap — tire la sonnette d’alarme. Pour la plateforme, ces textes « font des économies sur le dos des plus fragilisés » et remettent en cause les principes de solidarité, de justice sociale et d’équité du modèle social français.

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Budget 2027 : le Collectif Handicaps refuse que les personnes handicapées soient « des variables d’ajustement budgétaire »

Une attaque jugée inédite contre la branche Autonomie

Au cœur de la mobilisation : l’article 13 du PLFSS, qui prévoit de verser une part de CSG directement aux conseils départementaux pour financer l’APA et la PCH. Le Collectif demande sa suppression pure et simple. Selon lui, ce « changement de tuyauterie budgétaire » court-termiste affaiblit la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), censée piloter la 5ᵉ branche de la Sécurité sociale, et ne garantit en rien le fléchage des 300 millions d’euros vers les prestations, les départements pouvant en disposer librement. Le Collectif rappelle que les concours de l’État ne couvrent aujourd’hui que 30 % des dépenses de PCH et 40 % de celles de l’APA, entraînant plans d’aide revus à la baisse, restes à charge et renoncements aux droits.

Un budget qui fragilise les droits fondamentaux

Au-delà de l’article 13, les deux textes sont accusés de toucher à l’ensemble des droits. Côté niveau de vie, l’AAH (1 041,59 € par mois en 2026) reste sous le seuil de pauvreté, la réforme tant attendue de la « restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi » (RSDAE) n’arrive toujours pas, et la fiscalisation des indemnités journalières (article 2 du PLF) est jugée « inacceptable ». Côté logement et santé, le gel des APL et de la prime d’activité (article 74), la réforme du fonds DALO (article 51) et la hausse des restes à charge (article 12 du PLFSS) sont dénoncés comme des mesures de précarisation. L’école inclusive, l’emploi accompagné et la reconnaissance des aidants — dont la promesse des 15 jours de répit par an reste lettre morte — pâtissent également d’un manque de moyens et de visibilité.

Le plaidoyer : compter, financer, contrôler

Face à ce constat, le Collectif formule des demandes précises : créer un observatoire national des besoins pour fonder l’action publique sur des données fiables, revaloriser et flécher les concours de l’État via la CNSA, renforcer les moyens de contrôle et de sanction de l’accessibilité, et sanctuariser les dispositifs de santé (Handibloc, Handigynéco, Handiconsult). Le message est clair : « La solidarité n’est pas un luxe, c’est un gage de cohésion sociale. » Pour le Collectif Handicaps, aucun motif budgétaire ne saurait justifier des atteintes aux droits des personnes en situation de handicap et de leurs proches.


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