Face à une crise sans précédent, l’Uniopss lance un appel à la mobilisation générale du 12 au 17 octobre 2026. Sous le slogan « Et si nous arrêtions vraiment ? », le mouvement vise à rendre visible l’impact dramatique qu’aurait l’effondrement du tissu associatif sur la cohésion sociale et la prise en charge des plus vulnérables.

Une résilience à bout de souffle
Le secteur non lucratif des solidarités et de la santé, qui représente 2 % de la richesse produite en France et gère l’essentiel des structures d’accueil pour personnes handicapées, de protection de l’enfance et d’aide aux personnes âgées, est à genoux. Malgré une augmentation constante des besoins, les associations subissent de plein fouet les baisses de financements, les difficultés de recrutement et des trésoreries sous tension extrême.
Les chiffres sont alarmants : en 2025, une association employeuse sur deux a perdu des financements, et près d’un quart des établissements médico-sociaux disposent de moins de 45 jours de trésorerie. Pour certains, cette marge de manœuvre est inférieure à 6 jours. Cette situation critique entraîne un turnover massif des équipes (60 % des associations de solidarité le constatent), menaçant directement la continuité et la qualité des accompagnements.
Rendre visible l’invisible
Jusqu’ici, la capacité des associations à « faire avec moins » en puisant dans leurs réserves a masqué la gravité de la situation. « Parce que les associations continuent à tenir, les conséquences du manque de moyens restent en partie invisibles », explique Daniel Goldberg, président de l’Uniopss. La campagne « Et si nous arrêtions vraiment ? » vise à briser ce paradoxe en posant une question simple aux pouvoirs publics et à la société : qui ferait ce que nous faisons si nous nous arrêtions ?
Du 12 au 17 octobre, plus de 60 organisations majeures (dont le Collectif Handicaps, le Secours Catholique, la Fondation Armée du Salut, l’ADMR, et bien d’autres) ouvriront leurs portes pour témoigner de cette réalité. L’objectif est d’interpeller les décideurs, notamment dans la perspective des prochains arbitrages budgétaires et de l’élection présidentielle, pour obtenir des engagements concrets garantissant la pérennité des missions d’intérêt général.
Fragiliser le monde associatif, c’est prendre le risque de laisser des milliers de personnes âgées, d’enfants en danger, de familles sans logement ou de personnes en situation de handicap sans aucune réponse à leurs besoins essentiels. La mobilisation est en marche pour que la solidarité ne soit plus une variable d’ajustement.
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