Le handicap, quelle que soit sa nature, ne s’efface pas magiquement à l’âge de la retraite. Qu’il s’agisse d’une déficience motrice, sensorielle, cognitive ou psychique, les limitations de l’individu demeurent intactes à 62 ou 65 ans, souvent même aggravées par l’usure du temps et le vieillissement accéléré que peuvent subir certaines pathologies.

Dès lors, la logique du basculement vers l’ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) interroge fondamentalement :
- ❌ Pourquoi changer les règles alors que la situation fonctionnelle de la personne est stable ou se dégrade ?
- ❌ Pourquoi modifier les modes de calcul qui garantissaient jusqu’ici un minimum vital adapté à ses besoins spécifiques ?
- ❌ Pourquoi intégrer le patrimoine (le sien et celui de son conjoint) dans l’équation, risquant de pénaliser des couples modestes où le handicap a limité toute vie professionnelle ?
- ❌ Pourquoi fragiliser des ressources déjà précaires au moment précis où les dépenses liées au handicap (soins, aides techniques, accompagnement) augmentent ?
- ❌ Pourquoi complexifier les démarches administratives pour un public qui, quel que soit son type de handicap, peut se trouver en situation de vulnérabilité face à la bureaucratie ?
Une rupture de droits universelle
Aujourd’hui, le système crée une inégalité de traitement inacceptable : selon les parcours administratifs, certaines personnes conservent l’AAH tandis que d’autres sont basculées vers l’ASPA, soumise à des critères de ressources et de patrimoine bien plus stricts. Cette dichotomie s’opère alors même que les besoins d’accompagnement restent majeurs. Que la personne utilise un fauteuil roulant, soit atteinte de cécité, vive avec des troubles psychiques, un trouble du neurodéveloppement, de l’autisme ou tout autre handicap invisible, la réalité est la même : ses besoins ne diminuent pas avec l’âge.
Le poids d’un parcours de vie entravé
Cette rupture de droits frappe des individus dont le parcours a souvent été marqué par des obstacles systémiques communs à toutes les formes de handicap :
- Une inclusion scolaire incomplète ou défaillante ;
- Un accès à l’emploi régulièrement empêché par le manque d’adaptations et les discriminations ;
- Une précarité chronique, faute d’accompagnement suffisant tout au long de la vie active.
Beaucoup ont ainsi construit une vie entière avec des ressources limitées, non par choix, mais par manque d’accessibilité et d’opportunités réelles.
La double peine du vieillissement
Au moment précis où ses besoins en soins, en aides humaines et techniques explosent, ses droits sociaux se rétractent. Le système semble nier la persistance de son handicap sous le seul prétexte de l’âge légal de départ à la retraite. Cette situation devient critique lorsque la personne vieillissante perd simultanément le soutien indispensable de ses proches aidants, eux-mêmes âgés ou disparus. Qu’il s’agisse d’un handicap physique lourd ou d’une situation de grande dépendance psychique, l’individu se retrouve alors doublement isolé : face à son handicap et face à la perte de ses droits.
📢 Les revendications pour une égalité de traitement
Face à cette injustice qui touche l’ensemble de la communauté handicapée, la demande est claire pour une cohérence d’État :
- Soit la garantie d’une continuité de l’AAH pour toute personne handicapée vieillissante, reconnaissant que la nature de ses besoins ne change pas avec l’âge ;
- Soit, a minima, une harmonisation totale des modes de calcul et des critères d’éligibilité entre l’AAH et l’ASPA, afin qu’aucune perte de revenus, ni aucune complexité administrative supplémentaire, ne survienne lors du passage à la retraite.
Le handicap ne disparaît pas avec l’âge, quelle que soit sa forme. Les droits de la personne ne devraient donc pas disparaître non plus.
Source : Service-Public.fr – AAH : passage à la retraite et Legifrance (Code de l’action sociale et des familles).
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