Révolution(s) d’Octobre
La journée mondiale des enseignants prend de tristes couleurs cette année. Les lycées bloqués sur l’ensemble du territoire sont comme autant d’embolies d’un système qui montre ses limites. Malheureusement, les débordements de violence et les récupérations politiques entachent les revendications pourtant légitimes d’une jeunesse qui suffoque à l’évocation de son avenir.
Dans l’urgence, le gouvernement confie aux ministres une feuille de route de 5 « chantiers » et espère obtenir des « changements visibles » d’ici la fin du mois. La mesure a le mérite de (re)mettre le dialogue à l’ordre du jour mais est un brin optimiste. Pourtant, à l’aube du XXIème siècle, Edgar MORIN (encore lui), indiquait que « La réforme de l’enseignement doit conduire à la réforme de la pensée et la réforme de pensée doit conduire à la réforme de l’enseignement. ». Plus ancien encore, il y a un siècle déjà, Paul Valéry, dans son « Propos sur l’intelligence », prévenait que « le but de l’enseignement n’étant plus la formation de l’esprit, mais l’acquisition du diplôme, c’est le minimum exigible qui devient l’objectif des études. ».
Si nous avions lu, écouté et entendu ces esprits éclairés et que nous avions donné les moyens au système éducatif de se réinventer, nous n’en serions peut-être pas là. Il en va de même concernant d’autres systèmes (de santé, de solidarité etc.), comme autant de rouages essentiels à une société qui « fait corps ». En son sein, ce mois d’octobre restera placé sous le signe de la lutte, n’oublions donc pas celles contre le cancer, pour la reconnaissance des aidants, contre les violences sexuelles, ni les Semaines d’Information sur la Santé Mentale.
Ces dernières seront justement l’occasion pour l’association Droit au Savoir de présenter les résultats de son enquête sur le bien-être étudiant des jeunes en situation de handicap. La boucle est bouclée. Vous avez dit révolution ?

Vous n’êtes pas seuls. Si le 6 octobre est désigné comme la journée des aidants, ces derniers œuvrent souvent 365 jours par an pour soutenir leurs proches en perte d’autonomie ou touchés par le handicap. Afin de leur apporter la reconnaissance qu’ils méritent et leur donner quelques clés pour se préserver eux-mêmes, les Services Territoriaux Autonomie de Meurthe-et-Moselle se mobilisent et proposent, sur plusieurs semaines et l’ensemble du département, un programme riche. Forums, ateliers bien-être, bus de l’autonomie… L’ensemble des manifestations est gratuit et ouvert à tous, parfois sur inscription.
Bon à savoir. La reconnaissance du rôle crucial des aidants – de tout âge et tous horizons, se traduit aujourd’hui dans une stratégie nationale. Afin de leur offrir écoute, répit et accompagnement sur la durée, plusieurs mesures existent. Quelques informations et numéros utiles – à partager. On vous relaie aussi la « Visio des jeunes aidants » de la plate-forme Oxygène Répit 54.

Jeunes Aidants Oxygène Répit 54
« Rien sur nous sans nous ». « Droit au savoir » et les 31 associations qu’il fédère présente les résultats de son enquête nationale sur le bien-être des étudiants en situation de handicap. Organisé dans le cadre des Semaines d’Information sur la Santé Mentale, cet événement se tiendra le vendredi 9 octobre de 14h à 17h30, à la fois en présentiel (Institut Français de la Mode, Paris 13e) et en visio. Cette étude novatrice donne directement la parole aux concernés pour identifier les leviers concrets de leur réussite et les solutions structurelles nécessaires.
Vertigineux. Pour sonder la partie immergée de l’iceberg, il fallait bien un sommet. Celui consacré à l’autisme durera huit jours et rassemblera personnes concernées, professionnels, chercheurs et créateurs de contenu, justement pour croiser témoignages, initiatives et expertises et ainsi mieux cerner les besoins, adaptations et accompagnements dans les différents domaines de la vie. On ne « guérit » pas de l’autisme, mais de nombreuses ressources existent pour favoriser l’autodétermination et reconnaître la place de chacun dans la société.
Toucher du droit. Le travail du sexe ne peut être résumé à la prostitution. Création de contenus, industrie pornographique, et peut-être un jour assistance à la vie sexuelle des personnes en situation de handicap, ces secteurs interrogent en 1er lieu le droit : celui de ceux qui mettent leurs corps en jeu dans le cadre d’une activité rémunérée mais également celui des personnes qui sont « naturellement » empêchées d’un accès effectif à une vie sexuelle. La présentation de l’ouvrage collectif « Le travail du sexe et le droit » – écrit avec intelligence mais non artificielle – sera l’occasion de faire le point sur les flous juridiques, les tabous et les freins à l’expérimentation d’un service d’accompagnement à la vie sensuelle et sexuelle qui répondrait pourtant à de réels besoins. Universitaires et acteurs institutionnels Meurthe-et-Mosellans, fortement mobilisés sur cette question, organisent une conférence intitulée (et notez bien la forme plurielle) : « sexualités et handicaps ». Objectif : pas le retour des lanternes rouges, mais un feu vert pour l’ensemble des acteurs engagés.
Intégralement intégrale ? La notion de « loi intégrale » n’est pas juridiquement définie et ne constitue pas à ce titre un type spécifique de loi mais plutôt une conception politique et « programmatique ». Celle contre les violences sexuelles et sexistes actuellement débattue à l’Assemblée Nationale et ce jusqu’au 9 octobre, s’attaque ainsi à un « continent d’impunité » et repose sur une approche systémique à travers 4 piliers : prévention, répression, accompagnement des victimes mais moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre des mesures. Le Collectif Handicaps national ne peut qu’approuver la nécessité d’un changement de paradigme, à condition toutefois qu’ils tienne compte des personnes en situation de handicap, par définition et dans les faits les plus exposées. La réussite dépendra de la bonne formation, sensibilisation et accompagnement de l’ensemble des personnes concernées : professionnels mais également victimes potentielles.
Soustractions, additions. Dans une tribune du 9 septembre, le président de la Mutualité française, Éric CHENUT, encourage les assurés à interpeller les (leurs) élus locaux afin d’engager un débat de fond sur le financement de la protection sociale, qui à travers les derniers décrets se transforme en système à 2 vitesses. Les glissements successifs vers la privatisation de l’accès aux soins engendre une dégradation contre-productive, notamment pour les populations fragiles.
Infographie Mutualité française
Handi téléphone maison. Les personnes en situation de handicap sont particulièrement exposées au mal-logement : précarité, inaccessibilité/inadaptation des logements. Pourtant, le handicap reste un critère peu mobilisé dans les recours. Le Collectif Handicaps et sa chargée de plaidoyer vous invitent à un Webinaire informatif sur les procédures du recours dans le cadre du DALO (Droit Au Logement Opposable) qui fête ses 20 ans. L’association qui porte son nom et promeut sa bonne application sera partenaire de l’évènement.
Le bel âge. 20 ans, c’est l’occasion de réunir famille et proches, de faire un petit bilan et de se projeter sur son avenir. Pour son anniversaire, le CH54 s’est offert une réunion en présentiel. Un format qui n’avait pas été mobilisé depuis un certain temps, qui a permis le temps d’une journée de retrouver la joie des échanges en direct et de mettre à l’honneur ce qui fait la force d’un collectif. L’accueil chaleureux dans les locaux d’APF et un repas préparé par le service « Bénévole intérim » d’Espoir 54 ont participé à la convivialité de ces retrouvailles, donnant de la force et peut-être un élan pour les 20 prochaines années…
Pour le Collectif Handicap 54,
François JACQUES, Edito/Résumés
Vincent HAREL, Veille informationnelle
En savoir plus sur Le Collectif Handicap 54
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

