🎯 Contexte et objectif
- Évaluation engagée en 2024, 20 ans après la loi du 11 février 2005.
- Objectif : analyser l’efficacité de la politique publique d’inclusion professionnelle, au regard :
- Des enjeux sociaux.
- Des attentes citoyennes (via la plateforme de participation de la Cour).
- Des moyens financiers (1,3 Md€ d’aides directes en 2024, + financements du secteur protégé).

🔍 Principales constatations
1. Cadre juridique : progrès mais mise en œuvre inégale
- La loi de 2005 a posé les principes d’une approche inclusive (priorité au milieu ordinaire, définition du handicap par l’interaction avec l’environnement).
- Problèmes persistants :
- Coexistence avec un système encore fondé sur la reconnaissance administrative (3,3 millions de personnes reconnues, soit 8,1 % de la population active — contre 16,6 % selon les approches déclaratives).
- Aménagements raisonnables : peu appliqués, conditionnés à la reconnaissance administrative.
- Accessibilité des lieux de travail et référents handicap : insuffisamment effectifs (seulement 18,5 % des entreprises >250 salariés ont un référent identifié et formé).
➤ Conclusion : logique d’inclusion encore juxtaposée à un système administratif, limitant l’égalité d’accès.
2. Obligations et incitations : insuffisantes et complexes
- Quota légal de 6 % pour les entreprises de 20+ salariés.
- Résultats décevants :
- 28 % des entreprises assujetties n’emploient aucun travailleur en situation de handicap (2024).
- Objectif réel ramené à 5,1 % (dérogations, conventions de calcul : ECAP, personnes >50 ans comptabilisées 1,5x).
- Atteinte de 92 % de cet objectif réduit → éloignement de l’ambition initiale.
- Problèmes :
- Complexité du dispositif.
- Faible évaluation de la réforme de 2018.
- Système basé sur la reconnaissance administrative → procédures lourdes, délais hétérogènes, peu différenciées.
- Fonds Agefiph et FIPHFP : rôles essentiels, mais :
- Gouvernance complexe.
- Articulation imparfaite avec le droit commun.
- Financements dispersés → manque de lisibilité et d’efficience.
3. Résultats sur le marché du travail : progrès modérés, inégalités persistantes
- Taux d’activité et d’emploi : progression modérée sur 20 ans, sans réduction des écarts avec la population générale → écarts accentués entre 2005 et 2023.
- Chômage : baisse depuis 2010, mais :
- Retraits plus fréquents et durables du marché du travail (notamment en période de crise).
- Reprise plus tardive que pour la population générale.
- Maintien en emploi : facteur clé de la progression, mais :
- Licenciements pour inaptitude non réduits → augmentation de la survenance du handicap en cours de carrière.
- Employeurs :
- Progrès lent et inégal selon la taille des entreprises.
- Beaucoup limités à des démarches ponctuelles (sensibilisation, communication), sans traduction en embauches.
- Outils de pilotage : fragmentés, hétérogènes → impossible d’analyser robustement les parcours et l’efficacité des dispositifs.
4. Publics fragiles : inégalités persistantes
- Jeunes, femmes, personnes avec troubles psychiques :
- Taux de chômage élevés.
- Durées d’inactivité plus longues.
- Obstacles spécifiques à l’accès et au maintien dans l’emploi.
- ➤ Conclusion : les progrès observés ne traduisent pas encore une inclusion effective et équitable.
✅ Recommandations de la Cour des comptes
- Renforcer la cohérence de la politique d’inclusion.
- Améliorer le suivi des moyens et des résultats dans la durée.
- Mieux articuler les dispositifs spécifiques avec le droit commun.
- Clarifier le rôle des référents handicap.
- Intégrer pleinement :
- La qualité de l’emploi.
- La prévention des ruptures professionnelles.
- L’égalité de traitement.
→ comme objectifs centraux de la stratégie nationale d’inclusion.
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